Paul Claudel(1868-1955) Connaissance de l'Est(1907) 1895 — 1905Fêtе dеs mоrts lе sеptièmе mоis Splеndеur dе lа lunе 1900 — 1905 |
Paul ClaudelConnaissance de l'Est, 1907
À cette clef qui me débarrasse, ouvre à mon aveuglement la porte de laine, à ce départ incoercible, à cette mystérieuse aménité qui m’anime, à cette réunion, fœtal, avec mon cœur à l’explosion muette de ces réponses inexplicables, je comprends que je dors, et je m’éveille. J’avais laissé à mes quatre fenêtres une nuit opaque et sombre, et, maintenant, voici que, sortant sous la vérandah, je vois toute la capacité de l’espace emplie de ta lumière, soleil des songes ! Bien loin de l’inquiéter, ce feu qui se lève du fond des ténèbres consomme le sommeil, accable d’un coup plus lourd. Mais ce n’est pas en vain que, tel qu’un prêtre éveillé pour les mystères, je suis sorti de ma couche pour envisager ce miroir occulte. La lumière du soleil est un agent de vie et de création, et notre vision participe à son énergie. Mais la splendeur de la lune est pareille à la considération de la pensée. Dépouillée de ton et de chaleur, c’est elle seule qui m’est proposée et la création tout entière se peint en noir dans son éclatante étendue. Solennelles orgies ! Antérieur au matin, je contemple l’image du monde. Et déjà ce grand arbre a fleuri : droit et seul, pareil à un immense lilas blanc, épouse nocturne, il frissonne, tout dégouttant de lumière. Ô soleil de l’après-minuit ! ni la polaire au sommet du ciel vertigineux, ni le feu rouge du Taureau, ni au cœur de cet arbre profond cette planète que cette feuille en se soulevant découvre, claire topaze ! n’est la reine qui m’est élue ; mais là-haut l’étoile la plus lointaine et la plus écartée et perdue dans tant de lumière, que mon œil battant d’accord avec mon cœur ce coup, ne la reconnaît qu’en l’y voyant disparaître.
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