Jean Antoine de Baïf

(1532-1589)

 

Jean Antoine de Baïf



 
Afin que pour jamais une marque demeure,
À l’âge qui viendra, comme vôtre je suis,
Je vous fais vœu du peu, mais du tout que je puis,
De peur que la mémoire avec nous ne s’en meure.
 
Je vous donne de moi la part qui est meilleure :
C’est l’esprit et la voix, qui, menés et conduits
Sous le flambeau d’Amour, des éternelles nuits
Sauveront votre nom paravant que je meure.
 
Et, si assez à temps je n’ai pas commencé
De m’employer pour vous, puisque la destinée,
Qui vous cachait à moi, m’en a désavancé :
 
Je ferai, comme fait le dévot Pèlerin,
Qui s’étant levé tard, pour faire sa journée,
Regagne à se hâter le temps et le chemin.
 



Commentaire(s)
Déposé par Cochonfucius le 6 mai 2014 à 10h47

Verte saison
----------------

Chaque année, le printemps revient en ma demeure :
Il réconforte ainsi  le vieillard que je suis.
Ces mots le chanteront, autant que je le puis,
Célébrant la saison avant qu’elle ne meure.

Mais je ne dirai point quelle fleur est meilleure
En ce petit jardin, ni quel parmi les fruits
Mérite qu’on l’appelle un excellent produit :
Je dirai simplement le doux éclat des heures

Qui descendent ici, sonnées par le beffroi,
Chacune étant un pas des claires destinées ;
Puis comment, en ces jours où l’on oublie le froid,

Flottent un peu partout des parfums de jasmin ;
Enfin, cette lenteur que prennent les journées
Sur cette herbe qu’on peut traverser sans chemins.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 6 novembre 2018 à 14h24

Rêver d’une amazone
----------------

Amazone, où se trouve à présent ta demeure ?
Abandonnes-tu donc  le vieillard que je suis ?
À de telles questions, répondre je ne puis,
Mais je devrai le faire avant que je ne meure.

Quand tu m’accompagnais, ma vie était meilleure,
Et mon jardin donnait de plus excellents fruits ;
Plus beaux, parmi les chants, ceux qu’à deux l’on produit,
Plus capables aussi d’ensorceler nos heures.

Les  sombres carillons sonnent à mon beffroi,
Je songe à mon époque et à ma destinée ;
Je marche moins souvent, je crains un peu le froid.

Reviendront au printemps les parfums du jasmin
Et l’heureuse lenteur que prennent les journées,
Quand nous irons tous deux par les mêmes chemins.

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