Mon fils a péri dans le combat... Ô mes amis ! pleurez le fils de votre chef. Portez son corps dans l’enceinte habitée par les morts. Un mur élevé la protège ; et sur ce mur sont rangées des têtes de bœufs aux cornes menaçantes. Respectez la demeure des morts ; leur courroux est terrible, et leur vengeance est cruelle. Pleurez mon fils.
Oranger, dont la voûte épaisse Servit à cacher nos amours, Reçois et conserve toujours Ces vers, enfants de ma tendresse ; Et dis à ceux qu’un doux loisir Amènera dans ce bocage, Que si l’on mourait de plaisir, Je serais mort sous ton ombrage.
De vos projets je blâme l’imprudence : Trop de savoir dépare la beauté. Ne perdez point votre aimable ignorance, Et conservez cette naïveté Qui vous ramène aux jeux de votre enfance. [...]
Toujours le malheureux t’appelle, Ô nuit, favorable aux chagrins ! Viens donc, et, porte sur ton aile L’oubli des perfides humains. Voile ma douleur solitaire ; Et, lorsque la main du Sommeil Fermera ma triste paupière, Ô dieux ! reculez mon réveil ; Qu’à pas lents l’aurore s’avance Pour ouvrir les portes du jour : Importuns, gardez le silence, [...]