Renée Vivien

Cendres et Poussières, 1902


Les Arbres


 
Dans l’azur de l’avril, dans le gris de l’automne,
Les arbres ont un charme inquiet et mouvant.
Le peuplier se ploie et se tord sous le vent,
Pareil aux corps de femme où le désir frissonne.
 
Sa grâce a des langueurs de chair qui s’abandonne,
Son feuillage murmure et frémit en rêvant,
Et s’incline, amoureux des roses du Levant.
Le tremble porte au front une pâle couronne.
 
Vêtu de clair de lune et de reflets d’argent,
S’effile le bouleau dont l’ivoire changeant
Projette des pâleurs aux ombres incertaines.
 
Les tilleuls ont l’odeur des âpres cheveux bruns,
Et des acacias aux verdures lointaines
Tombe divinement la neige des parfums.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 8 avril 2020 à 10h51

Barde polycéphale
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Barde qui de sa vie a dépassé l’automne,
D’amoureux souvenirs lui reviennent souvent ;
Plaisirs venus du ciel et qu’emporte le vent,
L’esprit en peut frémir, la mémoire en frissonne.

La tendresse du coeur aucun mot n’abandonne,
Le galant d’autrefois peut revivre en rêvant ;
Songe qu’à grande peine on quitte en se levant,
Au cruel Cupidon, pourtant, l’âme pardonne.

L’esprit se refroidit sous des cheveux d’argent,
N’étant guère tranquille en ce monde changeant ;
La mort est annoncée, la vie est incertaine.

Folle fut cette tête au temps des cheveux bruns ;
Mais que nous sont ces jours de jeunesse lointaine,
Sinon la nostalgie et l’oubli d’un parfum.

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Déposé par Cochonfucius le 11 juin 2021 à 12h41

Trois jeunes arbres
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Nous avons partagé les printemps, les automnes
Et les autres saisons avec tous les vivants ;
Nous avons écouté la romance du vent
Et celle du clocher qui au village sonne.

Nous accompagnons ceux que la vie abandonne
Et ceux qui ont des nuits et des jours éprouvants ;
Nous écoutons aussi leurs récits émouvants
Ou les refrains légers que leur âme fredonne.

Ici croît un bouleau à l’écorce d’argent
Qui à mille sujets tout le jour va songeant,
Laissant vagabonder sa pensée incertaine.

Au long d’un vert sentier passe un petit ours brun ;
Sans doute il ira voir sa promise lointaine
Dont son coeur croit déjà respirer le parfum.

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Déposé par Cochonfucius le 6 juillet 2024 à 11h41

Planète sans vie
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Ici, nul printemps, nul automne,
Nulle trace d’êtres vivants ;
Nulle oreille n’entend le vent,
Le soleil n’éclaire personne.

Aucune dryade friponne
Ne va sourire en t’observant ;
Tu peux bien l’attendre en rêvant,
Vain est l’espoir que tu te donnes.

Au ciel, des étoiles d’argent
Vont à je ne sais quoi songeant ;
Mais leur humeur est incertaine.

Quel sens a cette histoire ? aucun ;
Rien sur cette terre lointaine
Ne se rattache au sens commun.

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Déposé par Cochonfucius le 16 janvier 2025 à 12h43

Arbres sans nom
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Qui nous connaît ici ? personne,
Pas même me les plus grands savants ;
Ni la rivière, ni le vent,
Rien de ce qui nous environne.

Les discours des oiseaux résonnent
Qui mille objets vont décrivant ;
Rien sur nous, pas même en rêvant,
Ni quand les dryades fredonnent.

Est-ce vraiment décourageant ?
Ce n’est pas sûr, en y songeant ;
La disgrâce n’est point certaine.

D’un nom, quel bénéfice ? aucun ;
Car ce n’est qu’une chose vaine,
Un simple hommage au sens commun.

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