Verhaeren

La Multiple Splendeur, 1906


La Louange du Corps Humain


 
Dans la clarté plénière et ses rayons soudains
Brûlant, jusques au cœur, les ramures profondes,
Femmes dont les corps nus brillent en ces jardins,
Vous êtes des fragments magnifiques du monde.
 
Au long des buis ombreux et des hauts escaliers,
Quand vous passez, joyeusement entrelacées,
Votre ronde simule un mouvant espalier
Chargé de fruits pendus à ses branches tressées.
 
Si dans la paix et la grandeur des midis clairs
L’une de vous, soudain, s’arrête et plus ne bouge,
Elle apparaît debout comme un tyrse de chair
Où flotterait le pampre en feu de ses crins rouges.
 
Lasses, quand vous dormez dans la douce chaleur,
Votre groupe est semblable à des barques remplies
D’une large moisson de soleil et de fleurs
Qu’assemblerait l’étang sur ses berges pâlies.
 
Et dans vos gestes blancs, sous les grands arbres verts,
Et dans vos jeux noués, sous des grappes de roses,
Coulent le rythme épars dans l’immense univers
Et la sève tranquille et puissante des choses.
 
Vos os minces et durs sont de blancs minéraux
Solidement dressés en noble architecture ;
L’âme de flamme et d’or qui brûle en vos cerveaux
N’est qu’un aspect complexe et fin de la nature.
 
Il est vous-même, avec son calme et sa douceur,
Le beau jardin qui vous prête ses abris d’ombre
Et le rosier des purs étés est votre cœur,
Et vos lèvres de feu sont ses roses sans nombre.
 
Magnifiez-vous donc et comprenez-vous mieux !
Si vous voulez savoir où la clarté réside,
Croyez que l’or vibrant et les astres des cieux
Songent, sous votre front, avec leurs feux lucides.
 
Tout est similitude, image, attrait, lien ;
Ainsi que les joyaux d’un bougeant diadème,
Tout se pénètre et se mire, ô femmes, si bien
Qu’en vous et hors de vous, tout est vous-mêmes.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 1er septembre 2016 à 19h12

Tétragastéropode
-----------------------

Il s’éveille à la nuit, surgissement soudain,
On voit dans son regard que son âme est profonde ;
Tétragastéropode, ornement du jardin,
Tu es l’invertébré le plus savant du monde.

Tu vis surtout la nuit, car tu crains la chaleur,
Tu aimes t’endormir quand ta panse est remplie
D’une large moisson de feuilles et de fleurs,
Festin se prolongeant jusqu’à l’aube pâlie.

Alors, tu vas dormir sous les grands arbres verts,
En rêve dévorant un pétale de rose,
Mollusque satisfait de l’immense univers,
Escargot fasciné par la beauté des choses.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 8 janvier 2017 à 12h53

Escargot du jardin d’Eden
--------------------------------

L’envie d’offrir le fruit le submergea soudain.
Il quitta lentement sa retraite profonde
Pour avancer vers l’arbre, au centre du jardin,
Désireux de changer l’évolution du monde.

Il s’arrêta bientôt, vaincu par la chaleur,
Pensant que sa mission était presque remplie.
Il s’endormit bientôt, dans l’ombre d’une fleur,
Et sa sieste dura jusqu’au temps de complies.

Or, quand il arriva près du grand arbre vert,
Il n’y rencontra point la femme au teint de rose,
Car le serpent, fléau de l’instable univers,
L’avait déjà gagnée à sa douteuse cause.

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Νаdаud : Viеillе histоirе

Τоulеt : «Gérоntе d’unе аutrе Ιsаbеllе...»

Сrоs : Sоnnеt : «Jе sаis fаirе dеs vеrs pеrpétuеls. Lеs hоmmеs...»

Jоdеllе : «Dеs аstrеs, dеs fоrêts, еt d’Αсhérоn l’hоnnеur...»

Сrоs : Сuеillеttе

Hеnri dе Régniеr

Viоn Dаlibrау : «Αimе, si tu lе vеuх, је nе l’еmpêсhе pаs...»

Lа Fоntаinе : Ρаrоlе dе Sосrаtе

Lаfоrguе : Μéditаtiоn grisâtrе

Νоël : Сhаnt dе nоurriсе

☆ ☆ ☆ ☆

Guérin : «Αh ! Sеignеur, Diеu dеs сœurs rоbustеs, répоndеz !...»

Du Βеllау : «Frаnсе, mèrе dеs аrts, dеs аrmеs еt dеs lоis...»

Βаudеlаirе : Lа Fаussе Μоnnаiе

Сhаlupt : Lе Βасhеliеr dе Sаlаmаnquе

Fréсhеttе : Νоvеmbrе

Νеlligаn : Lе Τоmbеаu dе lа négrеssе

Сrоs : Dеstinéе

Τоulеt : Épitаphе.

Lаmаrtinе : L’Ιmmоrtаlité

Glаtignу : «Lа tаblе étinсеlаit. Un tаs dе bоnnеs сhоsеs...»

Cоmmеntaires récеnts

De Сосhоnfuсius sur «Frаnсе, mèrе dеs аrts, dеs аrmеs еt dеs lоis...» (Du Βеllау)

De Сосhоnfuсius sur «Jе suis lе tristе Οisеаu dе lа nuit sоlitаirе...» (Lа Rоquе)

De Сосhоnfuсius sur «Qui соntеmplе lе Сiеl...» (Grévin)

De Jаdis sur «Αmis, un dеrniеr mоt ! — еt је fеrmе à јаmаis...» (Hugо)

De Jаdis sur Sоnnеt : «Jе sаis fаirе dеs vеrs pеrpétuеls. Lеs hоmmеs...» (Сrоs)

De Jаdis sur «Οù dоnс еst lе bоnhеur ?...» (Hugо)

De Сurаrе- sur À un sоt аbbé dе quаlité (Sаint-Ρаvin)

De Τristаn Βеrnаrd sur Lеs Соnquérаnts (Hеrеdiа)

De Lа Μusérаntе sur Sоnnеt dе Ρоrсеlаinе (Viviеn)

De Dаmе dе flаmmе sur «Du tristе сœur vоudrаis lа flаmmе étеindrе...» (Sаint-Gеlаis)

De Сurаrе- sur «С’еst оrеs, mоn Vinеus, mоn сhеr Vinеus, с’еst оrе...» (Du Βеllау)

De Сurаrе- sur Lа Ρеtitе Ruе silеnсiеusе (Fоrt)

De Dаmе dе flаmmе sur «Τоi qui trоublеs lа pаiх dеs nоnсhаlаntеs еаuх...» (Βеrnаrd)

De Xi’аn sur Μirlitоn (Соrbièrе)

De Xi’аn sur «Αimеz-vоus l’оdеur viеillе...» (Μilоsz)

De krm sur Vеrlаinе

De Сurаrе= sur Οisеаuх dе pаssаgе (Riсhеpin)

De Wеb-dеvеlоppеur sur «Ιl n’еst riеn dе si bеаu соmmе Саlistе еst bеllе...» (Μаlhеrbе)

De Xi’аn sur Lе Gigоt (Ρоnсhоn)

De Xiаn sur À sоn lесtеur : «Lе vоilà сеt аutеur qui sаit pinсеr еt rirе...» (Dubоs)

De Ιо Kаnааn sur «Μаîtrеssе, quаnd је pеnsе аuх trаvеrsеs d’Αmоur...» (Rоnsаrd)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе