Clovis Hesteau de Nuysement



 
Si je chante ces vers d’une voix brusque et forte,
Leur peignant sur le front une image de mort,
Je dis la cruauté de mon rigoureux sort,
Et l’ardant désespoir qui de moi me transporte.
 
Un chacun peut aimer, mais non de même sorte,
Tous les vents soufflent bien, mais non d’un même effort,
Les astres tournent tous, mais non d’un même accord,
Car la pluralité la discordance apporte.
 
Tous les humains sont faits de chair, d’os et de sang,
Et l’amour peut de tous éguillonner le flanc,
Mais l’humeur différente en déguise la flamme.
 
C’est pourquoi seul poussé d’un sort trop rigoureux,
Et seul qui meurt servant une parfaite dame,
Seul je chante ces vers comme moi furieux.
 



Commentaire (s)
Déposé par Jadis le 4 mars 2020 à 14h11


Ce refrain lancinant bien peu me réconforte
En ces temps d’amertume où rôdent les remords ;
Le destin goguenard, qui brisa mon essor,
Après moi, pour toujours, a refermé la porte.

Il fallait que jamais plus personne ne sorte
Se montrer au créneau de l’âpre château-fort ;
Et si de temps en temps je me retourne encor,
Nulle main ne s’y lève — après tout que m’importe.

Le soir marche au travers des friches grimaçants,
Au pas exténué de son destrier blanc        
Et brandit les stratus comme des oriflammes.

Ah ! que les souvenirs se lèvent douloureux
Lorsque, découragé, je hume le cinname
Éventé sans retour de jours plus glorieux.

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Déposé par Cochonfucius le 26 juillet 2024 à 11h38

Loup qui chante
--------

Le loup chante et se réconforte,
C’est pour mieux accepter son sort ;
Cette chanson prend son essor,
Une douce brise la porte.

Le loup est fier, son âme est forte;
Il est plus vaillant qu’un vieux porc ;
Il sait chanter pendant l’effort,
Sa joie de vivre n’est pas morte.

Le soir, son pas devient plus lent ;
Il contemple un nuage blanc,
Ou bien le Ponant qui s’enflamme.

Le présent n’est pas douloureux ;
Vivre longtemps n’est pas un drame,
C’est juste un compromis foireux.

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