Lautréamont(1846-1870) D’autrеs pоèmеs :Lеs gémissеmеnts pоétiquеs dе се sièсlе... Ιl у еn а qui éсrivеnt pоur rесhеrсhеr lеs аpplаudissеmеnts humаins... J’étаblirаi dаns quеlquеs lignеs соmmеnt Μаldоrоr... Lесtеur, с’еst pеut-êtrе lа hаinе quе tu vеuх quе ј’invоquе... Ρlût аu сiеl quе lе lесtеur... Lеs mаgаsins dе lа ruе Viviеnnе... Αvаnt d’еntrеr еn mаtièrе, је trоuvе stupidе... оu еncоrе :Сеlui qui nе sаit pаs plеurеr... Silеnсе ! il pаssе un соrtègе funérаirе à сôté dе vоus... Τrеmdаll а tоuсhé lа mаin pоur lа dеrnièrе fоis... S’il еst quеlquеfоis lоgiquе...
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LautréamontLes Chants de Maldoror, 1869 FIN DU CINQUIÈME CHANTChant sixième
Vous, dont le calme enviable ne peut pas faire plus que d’embellir le
faciès, ne croyez pas qu’il s’agisse encore de pousser, dans des
strophes de quatorze ou quinze lignes, ainsi qu’un élève de quatrième,
des exclamations qui passeront pour inopportunes, et des gloussements
sonores de poule cochinchinoise, aussi grotesques qu’on serait capable
de l’imaginer, pour peu qu’on s’en donnât la peine ; mais il est
préférable de prouver par des faits les propositions que l’on avance.
Prétendriez-vous donc que, parce que j’aurais insulté, comme en me
jouant, l’homme, le Créateur et moi-même, dans mes explicables
hyperboles, ma mission fût complète ? Non : la partie la plus importante
de mon travail n’en subsiste pas moins, comme tâche qui reste à faire.
Désormais, les ficelles du roman remueront les trois personnages nommés
plus haut : il leur sera ainsi communiqué une puissance moins abstraite.
La vitalité se répandra magnifiquement dans le torrent de leur appareil
circulatoire, et vous verrez comme vous serez étonné vous-même de
rencontrer, là où d’abord vous n’aviez cru voir que des entités vagues
appartenant au domaine de la spéculation pure, d’une part, l’organisme
corporel avec ses ramifications de nerfs et ses membranes muqueuses, de
l’autre, le principe spirituel qui préside aux fonctions physiologiques
de la chair. Ce sont des êtres doués d’une énergique vie qui, les bras
croisés et la poitrine en arrêt, poseront prosaïquement (mais, je suis
certain que l’effet sera très poétique) devant votre visage, placés
seulement à quelques pas de vous, de manière que les rayons solaires,
frappant d’abord les tuiles des toits et le couvercle des cheminées,
viendront ensuite se refléter, visiblement sur leurs cheveux terrestres
et matériels. Mais, ce ne seront plus des anathèmes, possesseurs de la
spécialité de provoquer le rire ; des personnalités fictives qui auraient
bien fait de rester dans la cervelle de l’auteur ; ou des cauchemars
placés trop au-dessus de l’existence ordinaire. Remarquez que, par cela
même, ma poésie n’en sera que plus belle. Vous toucherez avec vos mains
des branches ascendantes d’aorte et des capsules surrénales ; et puis des
sentiments ! Les cinq premiers récits n’ont pas été inutiles ; ils étaient
le frontispice de mon ouvrage, le fondement de la construction,
l’explication préalable de ma poétique future : et je devais à moi-même,
avant de boucler ma valise et me mettre en marche pour les contrées de
l’imagination, d’avertir les sincères amateurs de la littérature, par
l’ébauche rapide d’une généralisation claire et précise, du but que
j’avais résolu de poursuivre. En conséquence, mon opinion est que,
maintenant, la partie synthétique de mon œuvre est complète et
suffisamment paraphrasée. C’est par elle que vous avez appris que je me
suis proposé d’attaquer l’homme et Celui qui le créa. Pour le moment et
pour plus tard, vous n’avez pas besoin d’en savoir davantage ! Des
considérations, nouvelles me paraissent superflues, car elles ne
feraient que répéter, sous une autre forme, plus ample, il est vrai,
mais identique, l’énoncé de la thèse dont la fin de ce jour verra le
premier développement. Il résulte, des observations qui précèdent, que
mon intention est d’entreprendre, désormais, la partie analytique ; cela
est si vrai qu’il n’y a que quelques minutes seulement, que j’exprimai
le vœu ardent que vous fussiez emprisonné dans les glandes sudoripares
de ma peau, pour vérifier la loyauté de ce que j’affirme, en
connaissance de cause. Il faut, je le sais, étayer d’un grand nombre de
preuves l’argumentation qui se trouve comprise dans mon théorème ; eh
bien, ces preuves existent, et vous savez que je n’attaque personne,
sans avoir des motifs sérieux ! Je ris à gorge déployée, quand je songe
que vous me reprochez de répandre d’amères accusations contre
l’humanité, dont je suis un des membres (cette seule remarque me
donnerait raison !) et contre la Providence : je ne rétracterai pas mes
paroles ; mais, racontant ce que j’aurai vu, il ne me sera pas difficile,
sans autre ambition que la vérité, de les justifier. Aujourd’hui, je
vais fabriquer un petit roman de trente pages ; cette mesure restera dans
la suite à peu près stationnaire. Espérant voir promptement, un jour ou
l’autre, la consécration de mes théories acceptée par telle ou telle
forme littéraire, je crois avoir enfin trouvé, après quelques
tâtonnements, ma formule définitive. C’est la meilleure : puisque c’est
le roman ! Cette préface hybride a été exposée d’une manière qui ne
paraîtra peut-être pas assez naturelle, en ce sens qu’elle surprend,
pour ainsi dire, le lecteur, qui ne voit pas très bien où l’on veut
d’abord le conduire ; mais, ce sentiment de remarquable stupéfaction,
auquel on doit généralement chercher à soustraire ceux qui passent leur
temps à lire des livres ou des brochures, j’ai fait tous mes efforts
pour le produire. En effet, il m’était impossible de faire moins, malgré
ma bonne volonté : ce n’est que plus tard, lorsque quelques romans auront
paru, que vous comprendrez mieux la préface du renégat, à la figure
fuligineuse.
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