Heredia

Les Trophées, 1893


Ariane


 
Au choc clair et vibrant des cymbales d’airain,
Nue, allongée au dos d’un grand tigre, la Reine
Regarde, avec l’Orgie immense qu’il entraîne,
Iacchos s’avancer sur le sable marin.
 
Et le monstre royal, ployant son large rein,
Sous le poids adoré foule la blonde arène,
Et, frôlé par la main d’où pend l’errante rêne,
En rugissant d’amour mord les fleurs de son frein.
 
Laissant sa chevelure à son flanc qui se cambre
Parmi les noirs raisins rouler ses grappes d’ambre,
L’Épouse n’entend pas le sourd rugissement ;
 
Et sa bouche éperdue, ivre enfin d’ambroisie,
Oubliant ses longs cris vers l’infidèle amant,
Rit au baiser prochain du Dompteur de l’Asie.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 23 février 2014 à 10h52

Piaf-Tonnerre au labyrinthe
-------------------------------------

Piaf-Tonnerre a franchi le grand portail d’airain,
Déroulant le long fil que lui donna la reine.
Tout au long des couloirs une quête l’entraîne,
Curieux qu’il est de voir le grand monstre taurin.

Le Minotaure a vu ce curieux pèlerin
Lentement s’approcher de la sanglante arène,
Ne portant ni l’épée ni la lance de frêne ;
Il lui a demandé « Que me veux-tu, serin ? »

Piaf-Tonnerre, observant le monstre qui se cambre,
Se dit qu’il aurait dû, plutôt, garder la chambre ;
Il ne peut que frémir à ce mugissement.

Il cherche une réponse, il la veut bien choisie,
Et dit, se reprenant de son saisissement :
« Monseigneur, ma visite était de courtoisie. »

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 15 janvier 2018 à 12h13

Consécration de Monseigneur Paon-Périgouste
---------------------------------------

Il bénit les passants de sa crosse d’airain ;
Une crosse qui fut offerte par la reine !
Au long des boulevards une quête l’entraîne
Vers la clôture où sont les tombeaux des marins.

Le peuple chrétien suit l’évêque pèlerin,
Ensemble traversant le jardin des arènes ;
Ensemble accompagnant celui qui les parraine,
Dont le visage est grave et le coeur est serein.

Les tombeaux des marins, au soleil de novembre,
À peine ont réchauffé leur marbre aux reflets d’ambre ;
Le vénérable paon leur parle doucement.

Il cherche une parole, il la veut bien choisie,
Mais sans montrer non plus trop d’attendrissement :
Car Notre Soeur la Mort fait fi des courtoisies.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 28 septembre 2018 à 12h19

Héros narcissique
-------------

Le héros se contemple en un miroir d’airain ;
Un miroir où jadis se regarda la reine !
Au fil de l’aventure où son combat l’entraîne,
Il frôle des dangers terrestres et marins.

Il est rempli de foi, ce prince pèlerin,
Les Romains l’ont en vain jeté dans une arène,
Il entendit sans peur le chant de la sirène,
Car il est sans faiblesse, il est pur et serein.

Il peut bien affronter les brumes de novembre,
Effrayer le dragon pour lui prendre son ambre,
Séduire une servante en parlant doucement.

Sachez que sa parole est toujours bien choisie
Et qu’il a mérité votre attendrissement,
Un peu trop fier de lui, mais plein de courtoisie.

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Déposé par L’amor le 28 septembre 2018 à 21h42

Il est à chier ton poème !
Explications ?

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Déposé par Horatius Flaccus le 10 novembre 2020 à 14h32

.


Quandoque bonus dormitat Homerus !


.

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Déposé par Cochonfucius le 10 novembre 2020 à 15h10

Minotaure de pourpre
----------

D’une île minuscule il est le souverain,
Il est bien entouré, mais il n’a pas de reine ;
Il eut une aventure avec une sirène
Qui après quelque temps le trouva trop taurin,

Elle refit sa vie avec un vieux marin;
Il but quelques flacons pour soulager sa peine;
Ensuite il se perdit dans des amours humaines,
Mais de les oublier le rendit plus serein.

Il sort se promener dans le froid de novembre,
Il compose des vers dans sa petite chambre ;
Il aime se détendre en lisant des romans.

La reine de ces lieux, quand il l’aura choisie,
Pour l’endormir, le soir, chantera doucement
Des couplets inventés selon sa fantaisie.

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Déposé par Cochonfucius le 2 mars 2023 à 11h13

Basilic épiscopal
----------

Je confesse mon souverain,
Je suis intime avec la reine ;
De mes neveux c’est la marraine,
Qui pour parrain ont un marin.

Mon sanctuaire est souterrain,
Quelques fantômes s’y promènent ;
Eux qui n’ont plus figure humaine,
Dans le trépas restent sereins.

Défunts sans regard et sans membres,
Leurs linceuls ont des reflets d’ambre ;
Insondables sont leurs tourments.

Leur mort, ils ne l’ont pas choisie,
Elle les prit traîtreusement ;
Pour eux, c’est bientôt l’amnésie.

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