Heredia

Les Trophées, 1893


Antoine et Cléopâtre


 
Tous deux ils regardaient, de la haute terrasse,
L’Égypte s’endormir sous un ciel étouffant
Et le Fleuve, à travers le Delta noir qu’il fend,
Vers Bubaste ou Saïs rouler son onde grasse.
 
Et le Romain sentait sous la lourde cuirasse,
Soldat captif berçant le sommeil d’un enfant,
Ployer et défaillir sur son cœur triomphant
Le corps voluptueux que son étreinte embrasse.
 
Tournant sa tête pâle entre ses cheveux bruns
Vers celui qu’enivraient d’invincibles parfums,
Elle tendit sa bouche et ses prunelles claires ;
 
Et sur elle courbé, l’ardent Imperator
Vit dans ses larges yeux étoilés de points d’or
Toute une mer immense où fuyaient des galères.
 

Commentaire (s)
Déposé par Cochonfucius le 30 janvier 2013 à 10h15

César a dit adieu à la reine égyptienne,
Car il veut respecter son vrai lien conjugal ;
Cléopâtre, lâchant un combat inégal,
Reprend la liberté qui fut toujours la sienne.

César eut ses amours, sa femme avait les siennes ;
La réconciliation leur fit un sort fatal.
A Vercingétorix, cet empereur tribal,
La femme de César dit : « Je ne suis plus tienne ».

Cléopâtre le sut et obtint du gardien
De la prison d’aller lui faire un peu de bien ;
Ainsi, au fier Gaulois, elle montre une épaule...

Rien de plus n’est permis, en ce sombre mitard ;
L’effet de la visite a duré bien plus tard :
Car Vercingétorix en eut longtemps la gaule.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 20 juin 2021 à 13h33

Arbres impériaux
----------

Ces arbres ont grandi sur la vaste terrasse,
Adoucissant l’ardeur des étés assoiffants ;
Sous leur ombre un penseur s’en va philosophant
À propos des rapports du temps et de l’espace.

Ceux-là ne craignent point la neige ni la glace
Sous lesquelles je vois leurs sommets triomphants ;
Ils savent consoler le vieillard et l’enfant,
De tendres amoureux près d’un d’entre eux s’enlacent.

Ces lieux sont fréquentés par un petit ours brun
Qui de l’air forestier savoure les parfums ;
Nous le voyons aussi danser dans l’aube claire.

Quoi de plus apaisant qu’un grand arbre qui dort ?
La dryade en rêvant peigne ses cheveux d’or,
Songeant sans désespoir aux ans qui s’en allèrent.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Ada en Héraldie le 26 juin 2021 à 16h36

De cette belle noix, secouons la cuirasse
Qui son petit trésor farouchement défend ;
Moins ça bouge dedans, plus c’est apostrophant,
Alors ne restons pas plus longtemps dans l’impasse.

Or ce n’est pas avec le coupe-paperasse,
Ni le marteau brutal, ni l’instrument griffant,
Que le plus justement cette coque se fend ;
Préservons à tout prix la quintessence grasse !

Un craquement parfait, voici les zestes bruns,
Puis les cerneaux brillants, à leur place chacun ;
Les dégager entiers, ce jeu-là sait nous plaire,

Pour la joie précise où, d’un petit crâne, sort
L’ambicerveau noble aux quatre hémisphères d’or,
Bientôt broyé sous de reptiliennes molaires.

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Cochonfucius le 27 juin 2021 à 09h23

Titre possible :

Coffre-fort minuscule

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Esprit de celle le 27 juin 2021 à 12h39

C’est beau la synchronicité . .
J’ai songé pour Ada  : ’pourquoi 1 sonnet sans titre ’
Et puis j’ai rien compris en lisant faut dire . .
et puis à la relecture
J’ai pensé à 1 œuf . .

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Ada en Héraldie le 28 juin 2021 à 20h22

Oui c’est un sonnet dense, plein comme un oeuf, j’ai eu du mal à tout faire rentrer dedans. La partie des zombies mangeurs de cerveaux est hélas restée dehors. ^^

Pour le titre, c’est dur je trouve, en général. "Coffre-fort minuscule", oui, mais là je dirais "Ambicerveau à la noix".

[Lien vers ce commentaire]

Déposé par Jadis le 28 juin 2021 à 21h31


Il y aurait bien "Comment briser les noix", mais c’est un peu ambigu peut-être (voir cette expression sur le Wiktionnaire)...

[Lien vers ce commentaire]

Votre commentaire :
Nom : *
eMail : * *
Site Web :
Commentaire * :
pèRE des miséRablEs : *
* Information requise.   * Cette adresse ne sera pas publiée.
 


Mon florilège

(Tоuriste)

(Les textes et les auteurs que vous aurez notés apparaîtront dans cette zone.)

Compte lecteur

Se connecter

Créer un compte

Agora

Évаluations récеntes
☆ ☆ ☆ ☆ ☆

Ρérin : Αubе

Hеrеdiа : Épiphаniе

Сrоs : Sоnnеt : «Jе sаis fаirе dеs vеrs pеrpétuеls. Lеs hоmmеs...»

Сrоs : Sоnnеt аstrоnоmiquе

Сhаlupt : Stéphаnе

Vоiturе : «L’Αmоur sоus sа lоi...»

Rimbаud : «Αuх livrеs dе сhеvеt...»

Ρоnсhоn : «Un pаuvrе bûсhеrоn tоut соuvеrt d’un саtаrrhе...»

Ρоnсhоn : Lа Саgе

Μаllаrmé : Sоnnеt : «Ô si сhèrе dе lоin еt prосhе еt blаnсhе, si...»

☆ ☆ ☆ ☆

Glаtignу : «Lа tаblе étinсеlаit. Un tаs dе bоnnеs сhоsеs...»

Lаfоrguе : Соmplаintе dе l’оrgаnistе dе Νоtrе-Dаmе dе Νiсе

Βruаnt : Sоnnеur

Lаttаignаnt : Βillеt à Μоnsiеur J***

Сrоs : Сrоquis

Jаrrу : Sаint-Βriеuс dеs Сhоuх

Lаfоrguе : Stupеur

Cоmmеntaires récеnts

De Jаdis sur «Vоs riguеurs mе prеssаiеnt d’unе dоulеur si fоrtе...» (Viаu)

De Сосhоnfuсius sur Αllégоriе : «Dеspоtiquе, pеsаnt, inсоlоrе, l’Été...» (Vеrlаinе)

De Τristаn Βеrnаrd sur Lеs Соnquérаnts (Hеrеdiа)

De Jаdis sur Lе Τаbас (Dеsfоrgеs-Μаillаrd)

De Сосhоnfuсius sur «Ν’ауеz plus, mеs аmis, n’ауеz plus сеttе еnviе...» (Lа Βоétiе)

De Сосhоnfuсius sur Sоnnеt : «Lеs аlguеs еntrоuvrаiеnt lеurs âprеs саssоlеttеs...» (Viviеn)

De Lа Μusérаntе sur Sоnnеt dе Ρоrсеlаinе (Viviеn)

De Dаmе dе flаmmе sur «Du tristе сœur vоudrаis lа flаmmе étеindrе...» (Sаint-Gеlаis)

De Сurаrе- sur «С’еst оrеs, mоn Vinеus, mоn сhеr Vinеus, с’еst оrе...» (Du Βеllау)

De Сurаrе- sur Lа Ρеtitе Ruе silеnсiеusе (Fоrt)

De Сurаrе- sur «Τu еs sеulе mоn сœur, mоn sаng еt mа Déеssе...» (Rоnsаrd)

De Dаmе dе flаmmе sur «Τоi qui trоublеs lа pаiх dеs nоnсhаlаntеs еаuх...» (Βеrnаrd)

De Jаdis sur À l’еnvеrs (Sеgаlеn)

De Xi’аn sur Μirlitоn (Соrbièrе)

De Xi’аn sur «Αimеz-vоus l’оdеur viеillе...» (Μilоsz)

De krm sur Vеrlаinе

De Сurаrе= sur Οisеаuх dе pаssаgе (Riсhеpin)

De Wеb-dеvеlоppеur sur «Ιl n’еst riеn dе si bеаu соmmе Саlistе еst bеllе...» (Μаlhеrbе)

De Xi’аn sur Lе Gigоt (Ρоnсhоn)

De Xiаn sur À sоn lесtеur : «Lе vоilà сеt аutеur qui sаit pinсеr еt rirе...» (Dubоs)

De Ιо Kаnааn sur «Μаîtrеssе, quаnd је pеnsе аuх trаvеrsеs d’Αmоur...» (Rоnsаrd)

Plus de commentaires...

Flux RSS...

Ce site

Présеntаtion

Acсuеil

À prоpos

Cоntact

Signaler une errеur

Un pеtit mоt ?

Sоutien

Fаirе un dоn

Librairiе pоétique en lignе